La question (taboue?) des déchets humains...
Extrait de Trek Magazine n° 25
S'il est un chapitre largement passé sous silence (et pour cause...) dans quasiment toutes les discussions
sur le désert propre, c'est bien celui de nos petits cacas dans les dunes. Il est bien plus facile de
s'imaginer ramasser un papier gras ou une boîte de conserve vide que d'imaginer... s'intéresser à ce chapitre. Les agences refusent aujourd'hui, assez catégoriquement, d'intégre ce facteur dans leurs discussions: c'est trop compliqué. Trek Magazine s'en voudrait de passer sur ce point crucial, désagréable, mais génériquement dénoncé dans les zones fréquentées. Alons-y franchement: voici ce qui "techniquement" existe aujourd'hui...
Remarque1: l'environnement saharien est extrêmement défavorable à la résorption "naturelle" des fèces.
Aucune activité bactériologique dans les sables, ni sur les rochers, sécheresse extrême de l'air: les jolis
petits cacas de chameaux sont là pour témoigner: ils peuvent durer des années et des années...Remarque2: de ce fait , tous les systèmes (latrines communes,trous dans le sable...) admis comme "bonnes
solutions" collectives ou individuelles actuellement sont inéfficace dans la durée, notament si le site est fréquenté
régulièrement par plusieurs groupes. Au mieux, ce même sable peut les dissimuler pendant un certain temps...
suivant la bonne volonté des vents. Concrètement, il n'existe que deux moyens de régler ce problème:
- des "techniques individuelles" valables pour les tous petits groupes sur des zones très peu fréquentées...
Cela existe! La technique du smearing (littéralement "l'étalage") décrite par K. Meyer* est aussi radicale que
totalement adaptée aux environnements désertiques. Choississez un endroit qui reçoive toute la journée la lumière
solaire. Votre spatule sera un caillou. D'abord vous chiez sur le rocher, puis vous étalez le tout sur la surface qui
est la mieux orientée face au soleil. Etalez aussi finement que possible. Le cailloux-spatule est laissé sur place (...)
les rayons solaires vont cuire les germes et déshydrater sa matière jusqu'à ce que les derniers flocons racornis
s'envolent dans le vent!
- les techniques collectives. En matière de "remportez tout", la solution des toilettes portables (un simple bidon
parfois, même s'il existe des techniques plus "perfectionnées"...) est la seule autre piste cohérente dans le long terme.
Pour le coup, la sécheresse de l'air est plutôt une alliée. Dernier élément, "bonne nouvelle" pour la fin: uriner dans
les zones désertiques, notamment dans le sable, ne pose aucune question d'ordre environnemental. Ouf...